« Il semble que l’on naît toujours à mi-chemin du commencement et de la fin du monde » ( René Char )

Tout être vivant que nous croisons, nécessite pour être connu et reconnu, de posséder une identité.

Il en est de même dans la Nature devant ce qui nous tend les bras et nous appelle à la « reconnaissance ».

Un peu avant Noël, le 13 décembre, à la Sainte Jocelyne signifiant « fille de Dieu » en germain, un cocon « tombé du ciel », titre d’une chanson de Jacques Higelin, nous présenta la perche au savoir.

Dubitatifs devant ce petit chef – d’œuvre filé qui nous forçait au respect, dans l’équanimité de la pénombre d’un bois en Sylviculture, notre imagination exultait.

Cette production naturelle inconnue, aurait pu être exaltée aussi par M. Maurice Genevoix, l’un des premiers écologistes, et qualifié de tel par M. Valéry Giscard d’Estaing, il y a 40 ans, au décès de l’Écrivain.

Occupée cette nacelle décrochée d’un arbuste par le vent ?

Plus qu’une éventualité, une certitude en la regardant par transparence et en la secouant, délicatement !

Venue à notre rencontre, nous en devenions responsables, rappelait le Renard à Vyctor, à la lecture du Petit Prince d’Antoine de St Exupéry, qui recherchait un logis en hiver.

Une chrysalide ( du grec chrysos, OR ) y logeait, toquait aux parois, vivait et nous le signalait.

Des réminiscences scolaires de Sciences naturelles nous dirigeaient vers un mystérieux papillon qui se fabriquait là dans les ténèbres à l’abri des regards et des nuisances.

L’aventure poussait à questionner avec fébrilité les Écrits des Anciens et forçait à remonter au – delà du temps du cocon …

SOIE ET TEXTILE

Accouplement de vers à soie et leurs oeufs

La SOIE est une matière textile d’origine animale, c’est le fil produit par la chenille du papillon bombyx du mûrier ( vers à soie ) se nourrissant des feuilles de l’arbre le mûrier blanc ou mûrier du Japon.

© Yves Meurville

Tout d’abord, une chenille excrétant un fil de soie de ses glandes séricigènes, s’enveloppe de sa production, en équilibre sur une branche, pendant deux jours, se contorsionne et parvient à construire un petit habitacle piriforme, programmé par un plan d’architecture inné, imperméabilisé de salive, durcissant rapidement à l’air, et tissé en nasse de pêche inversée, empêchant ainsi l’intrusion de prédateurs.

Une vie repose donc dans les tréfonds d’un sarcophage insigne, collé en hauteur sur une écorce, enrubanné de liens lâches de 20 millièmes de mm de diamètre et d’une longueur au déroulé de 700m.

Les jours agissent alors à l’intérieur avec les métamorphoses du corps de la chenille en
chrysalide, puis de celle-ci en papillon, sur une période de gestation de 9 à 18 mois, pour
parvenir à terme, au Temps Pascal chez les Chrétiens.

Une réalité métaphorique complexe avec la naissance du lépidoptère, sa sortie sans effraction du ventre du cocon, et sitôt libéré, encore humide à l’air libre : respiration, pression sanguine, expulsion par les intestins du méconium , épanouissement miraculeux à l’air d’un corps recroquevillé, à l’Aurore d’une vie.

En somme, une venue au monde silencieuse, aux alentours du célèbre 17 mai, jour d’une manifestation retentissante de la population de Mazamet (Tarn) en 1973, pour inciter avec des lois, à limiter la liberté d’une vitesse routière tuant toute vie animale et à porter la ceinture de sécurité ; mais surtout jour de la Sainte Pascale , « le passage » en hébreux , et aussi jour de ma naissance.

Suite de ce récit : le mois prochain

Avec l’autorisation de l’Est Eclair / Libération Champagne