En mai, cette rubrique était dédiée à la ficaire des sous-bois appelée faussement « bouton d’or » .

Nous vous présentons aujourd’hui son faux jumeau jaune, le « vrai » bouton d’or, une vivace, qui au juger, a des analogies avec, ce qui peut donc porter à confusion .

Découvert en Terre sainte, au 13 ème siècle par les Croisés de Louis IX, futur St Louis, dit le Prudhomme, « Ranunculus acris », son patronyme latin de flore, signifie « habiter près des grenouilles », et en vocable populaire « bassin d’or, pied de coq ».

Le jaune est une des premières couleurs des beaux jours, également chez d’autres plantes sauvages de la région : pissenlit, tussilage, jonquille, chélidoine, coucou .

Le jaune est partout , sur la photo de droite un pied dans pissenlit 

C’est une teinte de lumière importante pour des vies florales oubliées s’obstinant à se distinguer énergiquement .

Lorsque s’épanouit le jaune du bouton d’or et résonnent les cantilènes de l’oiseau appelé coucou, le printemps est planté » disait autrefois l’éleveur Champenois, disposant le fleuron dans une jatte de lait, avec l’espoir d’obtenir toute l’année du beurre généreusement crémeux .

Son reflet jaune évoque la présence de cette matière grasse, d’où le nom de fleur de beurre ( butterblume en allemand ) et tasse de beurre ( buttercup en anglais ).

Le retour des hirondelles coïncide aussi avec la présence de cette renoncule vivace annuelle inondant de ses têtes dorées les endroits ombragés et frais, signalant le déficit du sol en chaux ( oxyde de calcium ). Pour cela, c’est une plante indicatrice de la composition du sol et de sa nature .

Hirondelle © Avec autorisation du journal « la hulotte »

D’une hauteur de 0,60 cm, sa tige creuse dépourvue de stries est garnie de poils collés et repose sur un réseau de stolons souterrains comme le fraisier .

D’étroites feuilles velues dominantes, découpées profondément, sont formées de 3 lobes et, à la stupéfaction, ceux du dessous se présentent en 5 parties plus importantes .

Afin de pouvoir se développer hardiment, le bouton d’or inhibe la végétation du voisinage qui perd en partie sa croissance .

Un pistil central et des carpelles pour l’ovaire, de nombreuses étamines, cinq pétales et cinq sépales façonnent un ensemble ambré de 2,5 cm de diamètre, s’épanouissant durant une semaine environ, petite bulle d’or sur une hampe solide .

Ses sommités sont synonymes de charme, d’éblouissement et d’attrait dans la confection de bouquets champêtres .

C’est une plante hermaphrodite, c’est à dire à la fois mâle et femelle, mellifère, se déployant amplement, pourvue d’une glande à nectar à la base de ses pétales .

Des fruits, nommés akènes, lèguent des graines indépendantes se ressemant seules, sans intervention d’un tiers ( eau, vent, poils ) .

Sa couleur jaune imite les gouttes de ce précieux nectar qui colore le miel, contribuant ainsi à son pouvoir attractif auprès des insectes dans le lit de la fleur .

La couche grasse de sa texture formée de lipides, la rend brillante et imperméable à l’eau de pluie .

Le bétail s’aventurant parfois dans les pâturages à la consommer fraîche est souvent victime d’une forte diarrhée et, avec l’expérience, finit par la délaisser du fait surtout de son âcreté .

Mais séchée en foin, elle perd sa toxicité d’origine, un stratège chimique la protégeant sur pied des prédateurs .

Malgré tout à la Préhistoire, le mammouth broutait le bouton d’or tel quel .

En médecine homéopathique, le bouton d’or a des propriétés soulageant les névralgies et les rhinites allergiques .

Par extension, il est un agrément de jeu familial encore présent au cours du déroulement des journées de sorties en plein air pour tester l’appréciation du beurre, utilisant pour ce faire, l’éminent reflet lustré du bouton d’or sous le cou .

Si c’est la cas, le participant détecté aura l’avantage de se précipiter d’emblée vers une excellente tartine beurrée .

Décidément la Nature nous surprendra toujours avec sa diversité et ses infinis enseignements .

Avec l’autorisation de l’Est Eclair / Libération Champagne

Texte et photos : Yves Meurville